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Journée d’étude - La condition blanche. Réflexion sur une majorité française

Sarah Mazouz (CNRS-CERAPS), membre du projet Global Race, co-organise avec Mathilde Cohen (CNRS-IMM-UConn), une journée d’étude sur le thème "La condition blanche. Réflexion sur une majorité française". Patrick Simon et Juliette Galonnier, également membres du projet Global Race, y participent.

Date : Vendredi 29 juin 2018

Lieu : Salle 13, EHESS, 105 bd Raspail, 75006 Paris

 

ARGUMENTAIRE

Depuis plus d’une dizaine d’années, les travaux sur les processus de racialisation se sont progressivement développés dans les sciences sociales françaises. Or si ces travaux éclairent indirectement le point de vue majoritaire, ils thématisent peu ou de manière limitée la blanchité. Cette journée d’étude vise donc à encourager une réflexion qui prenne pour point d’entrée la question de ce que nous appellerons la condition blanche dans le contexte français. Nous partirons de l’idée développée par les Whiteness Studies que la blanchité est un statut social qui se manifeste par trois modalités principales. D’abord, se penser comme blanc a pour postulat de départ que l’on n’est pas racialisable tout en considérant que les membres d’autres groupes le sont. Cela amène alors parfois à se croire autorisé.e à assigner racialement les membres de ces autres groupes c’est-à-dire à les placer en position subalterne en fondant le geste de hiérarchisation sur l’idée d’une altérité censée être radicale. En contrepoint, se définir comme blanc, c’est aussi considérer que l’on entretient un point de vue neutre et non racialisé sur le monde contrairement aux « autres » qui, eux, seraient irrémédiablement arrimés à une perspective déterminée par leur race.

 

PROGRAMME

8h30: Accueil des participant.e.s

 

9h00 : Introduction

par Mathilde Cohen

 

Session 1 : 9h30-12h : Penser la condition blanche dans le contexte français

Discutant : Pap Ndiaye (Sciences Po)

Sarah Fila-Bakabadio (Université de Cergy-Pontoise): "Corps et blanchité au prisme de la blackness"

Mathias Möschel (Central European University): "Une analyse comparée socio-juridique du racisme anti-blancs - Allemagne et France"

Maxime Cervulle (Université de Paris 8, CEMTI-ACMÉ): "La « diversité » comme régime de représentation. Penser les conditions d’une critique de la blanchité dans l’audiovisuel et le spectacle vivant"

Julien Talpin (CNRS/CERAPS/Université de Lille): "Recueillir l’expérience des discriminations raciales quand on est blanc. Retour sur un dispositif d’enquête par entretiens"

 

Session 2 : 13h-14h30 : La blanchité au miroir des Outre-Mer, héritages plantocratiques et configurations post-coloniales

Discutant : Malcom Ferdinand (KITLV/Royal Netherlands Institute of Southeast Asian and Caribbean Studies)

Audrey Célestine (Université Lille 3/CERAPS): "« Man sé an boug Nor-karayib! » (Moi, je suis un gars du Nord-Caraïbe). Mettre la blanchité à distance en contexte martiniquais"

Clémence Léobal (EHESS): "La blancheur bakaa, une définition politique de la race ? Analyse réflexive des catégories désignant la majorité dans l’Ouest guyanais"

 

Session 3 : 14h30-16h : La blanchité révélée, islam et condition blanche

Discutant : Patrick Simon (INED)

Juliette Galonnier (INED): "Devenir musulman et devenir blanc. La conversion à l’islam comme découverte de la blanchité en France et aux Etats-Unis"

Hanane Karimi (Université de Strasbourg/Laboratoire Dynamiques Européennes): "Analyse de critères implicites de la blanchité dans la désignation de l’arabo-musulman.e"

 

Session 4 : 16h30 -18h : Les constructions d’une féminité blanche

Discutante: Mélanie Gourarier (CNRS/LEGS)

Éléonore Lépinard (Université de Lausanne): "Les contours de la blanchité féministe: race, religion et subjectivation politique des féministes blanches en France et au Québec"

Jennifer Boittin (Penn State College of the Liberal Arts): "Européenne ou blanche ? Circulation, genre et race pendant l’Entre-Deux-Guerres"

 

18h-18h30 : Conclusion

par Sarah Mazouz

 

Cette journée d’étude a bénéficié du soutien financier du programme ANR Global-Race et du CERAPS.

 

 

 

 

 

Carole Reynaud-Paligot - Le racisme d’hier à aujourd’hui

Carole Reynaud-Paligot, membre du projet Global Race, donne une conférence publique sur le thème :

"Le racisme d’hier à aujourd’hui"

Le jeudi 5 avril 2018 à 18H

Lieu : Pierrevives, 907 Rue du Professeur Blayac, 34080 Montpellier

Elle reviendra notamment sur l’exposition  Nous et les autres. Des préjugés au racisme.

Plus d’informations ici.

 

 

 

Elisabeth Cunin - Naissance de l’indigénisme et de l’antiracisme

Elisabeth Cunin, membre du projet Global Race, intervient dans le cadre du séminaire de l’EHESS « La fabrication du sujet politique. Réflexivité, subjectivités et pouvoir », sur le sujet suivant :

« Entre ethnographie des institutions et trajectoire biographique. Le rôle de Juan Comas dans la naissance de l’indigénisme et de l’anti-racisme »

Le jeudi 5 avril 2018, de 13 à 17 heures
Salle AS1_08, 54 bd Raspail 75006 Paris

Afin de préparer la séance, un texte est proposé à la lecture : Todd Shepard, 2011, "Algeria, France, Mexico, UNESCO : a transnational history of anti-racism and decolonization, 1932-1962", Journal of Global History, p.273-297.

Cette séance est associée au programme CAPES COFECUB de coopération scientifique avec le Brésil "Les régimes nationaux de l’autochtonie. Situations autochtones et question nationale dans les Amériques et en Océanie".

 

 

Sarah Mazouz - La République et ses autres

Sarah Mazouz, membre du projet Global Race, présentera son ouvrage La République et ses autres : politiques de l’altérité dans la France des années 2000, le 6 décembre 2017 à 18h30 au café librairie Michèle Firk situé au 9, rue François Debergue à Montreuil.

 

 

 

 

 

Conférence par Carole Reynaud-Paligot : "La racialisation des identités d’hier à aujourd’hui"

Membre du projet Global Race, l’historienne Carole Reynaud-Paligot a donné une conférence intitulée "La racialisation des identités d’hier à aujourd’hui" le 22 novembre 2017, dans le cadre de l’exposition "Nous et les autres, des préjugés au racisme" au Musée de l’Homme. 

L’étude de la racialisation des identités dans le passé nous dévoile les mécanismes et les acteurs de ces processus. Elle peut nous aider à mieux comprendre les phénomènes d’ethnicisation/racialisation dans la société française d’aujourd’hui.

 

Entretien avec Sarah Mazouz : « Les dynamiques de racialisation sont tues par les pouvoirs publics »

Sarah Mazouz, membre du projet Global Race, est revenue dans un long format le 17 novembre 2017 sur l’enjeu clé de l’altérité dans la société française pour le site MeltingBook.

Extrait : "Quand je dis « racial », j’entends par là un rapport de pouvoir spécifique produit socialement – comme la classe ou le genre. Ces processus de racialisation varient d’une époque à l’autre mais ils permettent dans le cas d’une société donnée de placer certains de ses membres dans une position inférieure ou subalterne en justifiant cela par l’altérité – supposée radicale – de leur origine. Parler de racialisation, cela permet de mettre en évidence des processus qui changent d’une époque à une autre, qui ne visent pas toujours les mêmes groupes, mais qui concourent systématiquement à leur infériorisation. C’est aussi une notion qui sert à voir comment le racisme a sédimenté dans les catégories de perception, même chez des personnes qui n’adhèrent pas activement à une idéologie raciste, et comment il peut continuer d’influer sur la manière dont certain.e.s sont perçu.e.s et, de ce fait, assigné.e.s."

 

 

Présentation de l’ouvrage "La République et ses autres" de Sarah Mazouz

Sarah Mazouz, membre du projet Global Race a présenté le 25 avril 2017 son ouvrage La République et ses autres (ENS Editions) au Lieu-Dit, à Paris.

Résumé de l’ouvrage

La France a-t-elle peur de ses autres ? En revenant sur les discours et les pratiques qui se formalisent depuis une quinzaine d’années, Sarah Mazouz interroge les « politiques françaises de l’altérité ». À partir d’une double enquête ethnographique conduite dans les dispositifs étatiques de lutte contre les discriminations raciales et dans les bureaux de naturalisation d’une grande ville de la région parisienne, elle montre comment s’articulent dans l’espace social immigration, nation et racialisation. Par l’analyse de ces deux politiques publiques, elle questionne les processus d’inclusion et d’exclusion à l’intérieur même du groupe national (via l’examen des modalités prises par l’anti-discrimination) et à l’extérieur, entre le national et l’étranger (à travers l’étude des pratiques de naturalisation). Ce faisant, elle s’attache à saisir la relation paradoxale qui lie la République à ses autres et les logiques plurielles qui concourent à la production de l’ordre national.

Table des matières

Introduction générale

Chapitre 1. Les discriminations raciales en question. Retour sur une reconnaissance inachevée

Chapitre 2. Les politiques de la discrimination. Limites et ambivalences de l’État

Chapitre 3. À l’épreuve de la nation. Pratiques administratives et expériences de la naturalisation

Chapitre 4. Français, et pourtant autres. Les cérémonies de naturalisation ou les paradoxes de la catégorie de naturalisé

Conclusion générale 

 

 

De l’exposition "Téléphone Arabe" au Web Documentaire "On se la raconte !"

Exposition "Téléphone Arabe" © Ali Guessoum

 

L’association Remembeur a monté une exposition itinérante intitulée "Téléphone Arabe". En jouant de l’humour et du second degré, cette exposition donne à voir les préjugés et stéréotypes qui concourent à la racialisation des personnes perçues comme arabes ou comme noires et aux discriminations qu’elles subissent dans la société française. Un bus-studio accompagnait l’exposition. Y étaient diffusés plusieurs courts métrages d’animation sur ce thème tandis que des spectateurs et spectatrices étaient invité.e.s à venir parler de l’exposition dans un mini studio en étant filmé.e.s : ainsi est né le Web documentaire en cours de montage "On se la raconte !"

Dans le cadre des activités du programme Global-Race, une version de travail du documentaire a été projetée à l’INED le lundi 27 février 2017 en présence de la réalisatrice, Nassima Guessoum, et du fondateur de Remembeur, Ali Guessoum, de façon à recueillir les réactions des participant.e.s et à engager un débat sur le film et les expériences relatées.